#1 27-02-2011 18:16:27

H.Lacoste
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Le temps qui passe.

http://www.dieupentale.com/forum/uploads/2063_1950_le_mulet.jpg
Le mulet et le paysan.
L’histoire pourrait commencer par, il était une fois dans les années 1950 ?
Un brave paysan derrière sa charrue avec son aiguillon, faisait avancer son vieux mulet pour tracer
le sillon dans son potager.
S’arrête au bord du chemin, un cube Citroën, bardé de réclames (tout pour le jardin), en descend un
technicien en blouse de travail, le paysan arrête son attelage.
Bonjour monsieur : dis-le technicien, votre mulet à l’air bien fatigué de tirer la charrue.
L’homme le béret cassé sur le front le mégot au coin des lèvres lui répondit par un haussement de
tête.
J’ai dans mon fourgon un engin qui peut vous rendre un grand service pour retourner votre terre, un
motoculteur, voulez-vous que je vous fasse une démonstration.
L’homme esquissa un haussement d’épaules, q'al veire ? (il faut voir ?)   
Le technicien aussitôt fit glisser deux planches du fourgon, pour en descendre l’engin, qu’il plaçât au
bout du champ, le soc planté dans une terre noire, bien meuble, du terreau presque, il poussât les
gaz et l’engin démarrât en douceur dans une pétarade bien régulière, jusqu'au bout du sillon.
Que pensez-vous de ce travail là ?
Le monsieur : Oh ! péta, péta, plan !... (Ho ! il pète, il pète bien ! )
Voulez-vous l’essayez : aqu’ô cé pot (cela peut se faire)
Et le monsieur se mit aux manches toujours avec son aiguillon à la main, tapota sur la machine Hu !
Hu !. mais non, il suffit de pousser la manette des gaz, dit le technicien, et l’engin  démarrât tout en
douceur, et tout le long du sillon le brave homme ne pouvait pas s’empêcher de dire Huti ! Huo pour
le faire aller à droite ou à gauche.
Alors quant pensez-vous ?
Oh ! péta, péta, plan !... (Oh ! il pète, il pète bien !)
Mais êtes-vous satisfait du travail de cette machine ?
Oh ! qu’es si, péta, péta, plan !... (Oh que oui ! il pète, il pète bien !)
Et au même moment, le mulet qui broutait un pied d’herbe dans l’indifférence de la pétarade du
motoculteur, leva la queue et laissa tomber un beau tas de crottins.   
Oh ! qu’es si, péta, péta, plan !... (Oh que oui ! il pète, il pète bien !) répéta l’homme.
Mais bezés jun homma, péta plan, mais caga pas ? (mais tu vois jeune homme, il pète bien, mais il
ne chie pas
.)
Justement, vous n’aurez plus besoin de nettoyer l’étable, sortir le fumier, vous lever à 6h du matin
pour le faire boire trois fois par jour, et 365 jours par an et le dimanche et jours de fête.
Le motoculteur lui une fois que vous avez fait le travail vous le garez dans l’étable une toile de jute
dessus et il ne vous demandera plus rien jusqu'au prochain travail.
Et l’homme secoua la tête, tout en essayant de rallumer son mégot avec son briquet à mèche, sans
succès. Mais il savait bien que l’âge étant là,  son mulet n’allait pas tenir le coup longtemps pour tirer
la charrue. Alors, il se laissa convaincre, pour acheter le motoculteur.
Les deux hommes se rendirent à la maison s’assirent autour de la table, pour signer le contrat, la
maitresse de maison posa sur la table une bouteille de vin blanc et deux verres et que l’homme
remplit.
Après un petit marchandage sur le prix, une frappe par les mains et l’affaire fut conclue.
Le marchand lui proposa même d’ouvrir un compte pour avoir droit à un crédit.
Et l’homme devint rouge de colère,
Jamaï entendes  jove òme, balharai  mon argent onestament ganhar à qués cols blanc corbatar,
vesètz  pòdi paga, crompi si non esperarai, veiretz un jorn dins las banca a qués cols blanc corbatar
qué joguem à las borsa  amb ton argent té desrocaran é quitament desrocaran lo païs.
(jamais tu entends jeune homme je ne donnerai mon argent honnêtement gagné à ces cols blancs
cravatés vois-tu, je peux me le payer j’achète, sinon j’attends, tu verras un jour dans les banques,
ces cols blancs cravatés, qui jouent à la bourse avec ton argent te ruineront et même ruineront le
pays
.)
Le marchand comprit vite qu’il ne fallait pas insister et se quitter en bons termes.
Le motoculteur prit donc la place du mulet.
Le mulet fut mis en liberté pour finir ces jours, dans une ferme spécialisée qui garde les animaux
trop vieux qui ne peuvent plus travailler.
Comme de nos jours on enferme les hommes dans une maison dite de retraite, quand ils ne peuvent
plus rendre service à la société, et à qui on ponctionne quand même toutes leurs petites économies
faites pendant toute une vie de dur labeur.
Et tous les voisins les uns après les autres achetèrent des motoculteurs pour cultiver leurs jardins
potagers. Mais voila, il n’y avait plus le tas de fumier au fond de la cour a chaque maison, ce fumier
qui rendait la terre bien noire et la nourrissait si bien, pour que poussent de beaux légumes. Alors, la
terre a commencé a blanchir, devenir de plus en plus aride aux fils des ans, si bien que les légumes
poussaient de moins en moins bien et restaient tout rachitiques, il n’y avait plus assez de rendement
pour nourrir la famille et les autres animaux, volaille, cochons, lapins. Alors, on finit par abandonner
toute la basse-cour et il y eut encore moins de fumier. Les années passant, petit à petit les jardins
devenaient des pelouses, et les motoculteurs furent remplacés par des tondeuses à gazon.
Il y avait plus de trente jardins potagers dans notre quartier, je vous les laisse compter aujourd’hui?
Dans nos petits villages ruraux, lotissements et maisons poussèrent comme des champignons.
 
De nouveaux résidants arrivaient, toutes les parcelles étaient clôturées, par un petit mur surmonté
d’un grillage, et parfois, une palissade pour être caché de son voisin, le samedi et dimanche c’était
les pétarades des tondeuses et autres outils à forts décibels, les désaccords de voisinage
commençaient, tout le monde dérangeait tout le monde, si bien qu’il fallut instaurer des horaires
pour l’utilisation des engins bruyants. Même le vieux coq qui poussait son cocorico à 6 heures du
matin pour nous annoncer une journée qui commence, qui avait été sauvé de la basse-cour, fut
condamné par le tribunal à finir dans la casserole en coq au vin. Dans certains petits villages Il fallut
même désactiver les cloches de nos églises, parce que le bruit dérangeait,  les cloches qui nous
annonçaient les heureux, comme les douloureux évènements, ainsi que le carillon de l’horloge qui
égrenait les heures de la vie.

Notre brave homme était de plus en plus fatigué, assis sur son fauteuil en osier, à l’ombre sous le
porche de sa maison, il comptait les rares hirondelles posées sur le fil électrique, qui de temps en
temps prenait un envol pour happer un insecte sauvé d’un insecticide. Il pensait que du temps de
son mulet dans l’étable des dizaines de nids d’hirondelle étaient collés aux poutres du plafond, elles
ne sont plus revenues à l’arrivé du motoculteur, il n’y avait plus d’insecte à happer.
Voyant passé dans un vrombissement ce tumulte vas et viens de voitures souvent sans raison, dans
sa somnolence, il pensait qu’il valait mieux sentir la forte odeur de (merde) qui venait du tas de
fumier du fond de la cour, que de respirer l’odeur de toutes ces fumée d’échappement, chargées de
monoxyde de Carbone (co), qui vous sclérose les poumons, le foie, et le cerveau, et remplissent les
hôpitaux de malades avec de nouvelles maladies, mais qui font le bonheur des laboratoires qui
inventent toujours de nouveaux médicaments pour vous soigner, au détriment de notre bonne vielle
sécurité sociale, qui est complètement ruinée, mais pour le bonheur du CAC 40 sur lequel les
laboratoires, placent en bourse leurs bénéfices.
A l’indifférence totale de la trépidation, de tout ce tumulte le brouhaha  de la vie active.               
L’homme somnolait sur son fauteuil, et dans sa tête repassait tout le film que fut sa vie, et comme la
flamme d’une bougie qui n’a plus de cire pour être alimentée, l’homme s’est éteint  emportant avec
lui tous les  bons et mauvais souvenirs que fut toute sa vie sur terre.
Adieussiatz  Moussu. (Adieu monsieur)
H.L.

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#2 02-04-2011 15:28:02

H.Lacoste
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Re: Le temps qui passe.

Il avait raison le vieux paysan, déjà dans les années soixante il se faisait un souci de la disparition
des hirondelles?

Je cite.
Notre brave homme était de plus en plus fatigué, assis sur son fauteuil en osier, à l’ombre sous le
porche de sa maison, il comptait les rares hirondelles posées sur le fil électrique, qui de temps en
temps prenait un envol pour happer un insecte sauvé d’un insecticide. Il pensait que du temps de
son mulet dans l’étable des dizaines de nids d’hirondelle étaient collés aux poutres du plafond, elles
ne sont plus revenues à l’arrivé du motoculteur, il n’y avait plus d’insecte à happer
.

L'hirondelle rustique est gravement menacée
L'hirondelle rustique qui nous est pourtant si familière est gravement menacée. La population connaît
d'importantes pertes pendant la migration de printemps et d'automne. Sur les lieux d'hivernage, en
Afrique , elle trouve de plus en plus des biotopes dégradés. Mais c'est chez nous , pendant le
printemps et l'été, que les conditions de vie deviennent de plus en plus difficiles. Leur alimentation à
base d'insectes s'amenuise à cause des pesticides , leur reproduction devient de plus en plus difficile
par le manque de bâtiments favorables à leur installation. Il suffit de regarder nos campagnes pour
voir que les traditionnelles étables à vaches qu 'elles affectionnaient ont été remplacées par des
constructions le plus souvent à base de charpentes métalliques auxquelles l'oiseau ne peut accrocher
son nid.
Pour lire la suite clique sur la photo.
(source la DDM.)
http://www.ladepeche.fr/content/photo/biz/2011/04/02/201104021278_w350.jpg

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#3 23-09-2011 18:31:57

H.Lacoste
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Re: Le temps qui passe.

Et s’il avait eu raison le brave paysan ?

Je cite
Le marchand lui proposa même d’ouvrir un compte pour avoir droit à un crédit.
Et l’homme devint rouge de colère,
Jamai entendes  jove òme  balharai  mon argent onestament ganhar à qué cols blanc corbatas,
vesètz  pòdi paga, crompi si non esperarai, veiretz un jorn dins las banca a qué cols blanc corbatas
qué joguem à las borsa  amb ton argent te desrocaran é quitament desrocaran lo païs.
(jamais tu entends jeune homme je ne donnerai mon argent honnêtement gagné à ces cols blancs
cravatés vois-tu, je peux me le payer j’achète, sinon j’attends, tu verras un jour dans les banques,
ces cols blancs cravatés, qui jouent à la bourse avec ton argent te ruineront et même ruineront le
pays.)

Le marchand comprit vite qu’il ne fallait pas insister et se quitter en bons termes.

Je reviens sur cette anecdote, que l’on peut dater des années 55-60, et s’il avait eu raison le brave
Paysan d’avoir eu peur de voir arrivé la consommation à outrance du crédit, il nous le disait bien
Que les banquiers et courtiers nous ruineraient et ruineraient le Pays et bien voila nous y sommes
La crise les dettes dans tous les pays d’Europe. Et que je te critique les dirigeants des pays, les
banquiers, les politiques, c’est la faute des uns et des autres, c’est toujours la faute des autres !...
Mais en y réfléchissant bien et si c’était la faute à nous tous au peuple aux ouvriers aux salariés
Aux retraités, quand on nous a obligés de virer nos salaires et pensions sur un compte bancaire     
Et payer avec des chèques ou des cartes, de ce jour-là l’argent est devenu fictif ? Ce n’est que des
chiffres.
Mais personne n’a eu l’idée de contrôler ce qu’il devenait notre argent (honnêtement gagné)
comme disait le brave paysan. Il y a quelques années encore nous connaissions notre banquier,
nous avions été à l’école ensemble, il nous tutoyait nous appelait par notre prénom, mais
aujourd’hui, qui connait bien son banquier qui sort des grandes écoles de la finance et qui change
tout les six mois. Il ne vous connait plus par votre nom, mais seulement par le N° de votre compte !..
Les établissements bancaires sont devenus un lieu de non-droit pour le peuple, si vous y entrez pour
déposer un chèque on vous ouvre la porte, mais si vous voulez retirer du liquide on vous somme
d’acheter une carte et aller au distributeur. Il ne nous reste plus qu’a faire notre mea-culpa         
mea-culpa, et regarder grossir la dette du Pays et fondre nos petites économies.
Parfois, il aurait mieux valu écouter nos anciens ?....

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#4 12-02-2018 14:36:07

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Re: Le temps qui passe.

Envoyé par Jean-Luc

De nouveaux résidants arrivaient, toutes les parcelles étaient clôturées, par un petit mur surmonté
d’un grillage, et parfois, une palissade pour être caché de son voisin, le samedi et dimanche c’était
les pétarades des tondeuses et autres outils à forts décibels, les désaccords de voisinage
commençaient, tout le monde dérangeait tout le monde, si bien qu’il fallut instaurer des horaires
pour l’utilisation des engins bruyants. Même le vieux coq qui poussait son cocorico à 6 heures du
matin pour nous annoncer une journée qui commence, qui avait été sauvé de la basse-cour, fut
condamné par le tribunal à finir dans la casserole en coq au vin. Dans certains petits villages Il fallut
même désactiver les cloches de nos églises, parce que le bruit dérangeait,  les cloches qui nous
annonçaient les heureux, comme les douloureux évènements, ainsi que le carillon de l’horloge qui
égrenait les heures de la vie.

Très belle chanson et musique de Barbara Deschamps pour compléter le paragraphe de cette discussion.

http://www.dieupentale.com/forum/uploads/thumbs/2063_capture_decran_2018-02-12_1353.jpg

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