#1 02-01-2012 15:49:30

Dumons Raymond
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le mystérieux monde des abeilles

le mystérieux monde des abeilles

La nature est ainsi faite que bon nombre de créatures diverses, animales ou végétales, ont leur mode de vie, ont leur territoire n’en déplaise à l’humanité. Ceci étant , toute personne ayant, un tant soit peu,l’occasion ou la curiosité d’observer la nature peut vite se rendre compte qu’elle est belle et même très belle.
On peut être admiratif de voir le comportement des espèces de tous genre , vivre et se reproduire afin d’assurer leur pérennité.
Le monde des Abeilles est à citer en exemple .

http://www.dieupentale.com/forum/uploads/thumbs/2063_abeille.jpg
Tout est fait dans la colonie pour sauvegarder la Reine qui, elle seule est reproductrice, elle pond 2000 œufs par jour et dépose soit un œuf fécondé  qui donnera  dans 21 jours naissance à une abeille ou  une reine ( au bout de 16 jours ) si les abeilles et elles seules  le décident dans l’alvéole soit un œuf non fécondé. Ce choix est conditionné par les formes des alvéoles bâties par les abeilles cirières.Les petites alvéoles recevront des œufs fécondés, les plus grandes des œufs non fécondés.De 1 à 3 jours les œufs seront nourris avec de la gelée royale , à partir du 4 ème jour, c’est une espèce de bouilli  qui alimentera toutes les larves. Le grand mystère demeure dans la construction de ces différentes alvéoles dont va dépendre  la population des ouvrières, des males et des futures reines qui seront éliminées par la société ou la reine en place !!!! ,c’est la survie !!!!
Ce sont les abeilles, jeunes ouvrières, qui vont nourrir ce petit oeuf avec uniquement de la  gelée royale, aprés élimination une seule jeune reine subsiste et va prendre possession de la ruche
La vieille Reine doit essaimer formant une colonie avec des ouvrières , en laissant sa place à sa progéniture, cette nouvelle colonie comprend plusieurs dizaines de milliers de sujets,et va se poser  à quelques mètres de la ruche; Gorgé de miel pour tenir quelques jours exception faite pour la reine afin de la rendre plus légère pour faire un long vol ,l’essaimage, formant une sorte de nuage, a lieu par beau temps en mai ou  juin  pour profiter de la belle saison afin de pouvoir constituer des réserves pour l’hiver.Celà ce passe entre 11 et 14 heures.

http://www.dieupentale.com/forum/uploads/thumbs/2063_essaim.jpg
Les sujets prospecteurs sont chargés de trouver un accueil aux environs (Max 1 km), car la reine est âgée et ses ailes ne sont pas entrainées à voler, car elle vie essentiellement dans la ruche , une branche d’arbre,un coin de mur, un arbre creux, ou tout autre refuge acceptable.Lors de l’essaimage l’abeille gorgée de miel n’est pas agressive .
Il est très fortement recommandé d’avertir un apiculteur car les pompiers ne se déplacent plus.

http://www.dieupentale.com/forum/uploads/thumbs/2063_apiculteur.jpg
Le Miel est un aliment sain, digestif, nutritif et savoureux.
Composition: eau 19%, glucose 32%, fructose 38%, maltose 7%, saccharose 2%
Acide aminé 1%, pollen, enzyme, arôme 1%
Les principes aromatiques et les acides aminés qu’il contient lui donnent cette saveur piquante, qui excite les glandes salivaires à une abondante sécrétion. Ce flux de salive et ces acides s’unissent dans l’estomac aux acidités gastriques et favorisent singulièrement la digestion. Ses principes sucrés se consomment dans le foie et entrent dans le sang pour produire de la vie, de la force de la chaleur, du bien-être.
Le sucre ne peut pas  lui être comparé, parce qu’il doit subir une transformation spéciale pour passer dans le sang. Il doit être modifié par une enzyme, invertase et transformé en dextrose et lévulose, tandis que le Miel, pur produit de la nature, contient la dextrine aussi bien que la lévulose.Une très petite quantité de  sucre peut être transformé dans l’estomac par l’acide muriatique. Aussi,les malades, les petit enfants  surtout, n’ayant souvent que très peu de c’est acide dans l’estomac,ne peuvent pas supporter le sucre ; de là, des malaises à l’estomac ou aux intestins, renvois flatuosité, aigreur, etc…
Le Miel au contraire, pris même en grande quantité, est pour tous directement et facilement assimilable, et constitue un aliment important pour faciliter les digestions..

Le Miel doit donc reconquérir sur le sucre la place que ce dernier lui a usurpée.

Les familles  qui sont arrivées à remplacer complètement le sucre par le Miel, dans les boissons, dans les pâtisseries, à tous les repas, savent avec quel plaisir il est accepté par l’estomac. Elles voient les  enfants, mis au régime du miel, se développer admirablement et échapper aux catarrhes intestinaux, à la dysenterie, etc…
Lorsque l’usage du Miel sera général, ce ne sera pas le moindre progrès de l’intelligente activité de notre époque.
Quelques cuillerées de miel chaque matin réchauffent les personnes âgées.
Une cuillerées de Miel en se couchant facilite la digestion et appelle le sommeil.
Tout cordon bleu qui remplace le sucre par le Miel est sûr d’avoir des félicitations.
Le Miel est une nourriture offerte à l’homme par la nature, toute préparée, extraite goutte à goutte des myriades de fleurs, par un moyen plus délicat que celui qu’emploierait  un laboratoire
Le mélange d’eau et de Miel après fermentation est une boisson stomacale et agréable qui prend le
nom  «  d’Hydromel », mélangé au vin, il devient « œnomel »

La vie des Abeilles
nourrice les dix premiers jours, l'abeille va d’abord s’occuper de la préparation des cellules pour les nouvelles pontes, le temps que ses glandes nourricières se développent. Ensuite, elle pourra nourrir les jeunes larves avec la gelée royale qu’elle sécrète.
À la fin de cette période, elle effectue ses premiers vols autour de la ruche.
Bâtisseuse les dix à vingt jours suivants, ses glandes nourricières se sont atrophiées pendant que les glandes cirières se sont développées ; elle participe alors à l’agrandissement des rayons, à la transformation en miel du nectar apporté par les butineuses, au nettoyage et à la régulation thermique de la ruche, puis à sa
protection contre les prédateurs (guêpes et frelon notamment) et les voleurs (abeilles étrangères, etc).
Butineuse à partir du vingtième jour jusqu’à la cinquième ou
sixième semaine de sa vie, elle va parcourir la campagne dans un  rayon de deux à cinq kilomètres afin d’approvisionner la ruche en nectar, miellat, pollen, propolis ou en eau. Après quoi, sa vie s’achèvera : en général, une ouvrière meurt pendant un dernier voyage de butinage (ou de portage d'eau dévolu aux plus anciennes),
ou pendant qu'elle dort.
L'inlassable zèle des abeilles est proverbial et indéniable... même si on l'a quelque peu exagéré. Car, pour être des ouvrières modèles, elles ne se tuent pas pour autant à la tâche et se ménagent des plages de repos entre les pics d'activité (dans cette société hyper organisée, on voit des abeilles exécuter un mouvement très lent vers les rayons, le corps secoué de tremblements: c'est le signal de la pause).La nuit, plus personne ne butine, mais ce serait une erreur de croire que la ruche dort: dans les ténèbres éternelles de ce petit monde, des œufs éclosent vingt-quatre heures sur vingt-quatre, et le travail n'attend pas.Plus petites que les mâles, mais tellement plus nombreuses et actives, ce sont les ouvrières qui ont en charge les douze travaux de la ruche fie treizième, la ponte, est réservé à la reine-mère). Au cours de sa vie professionnelle, l'ouvrière ne se cantonne pas à une seule tâche, mais passe par tous les rôles. Et, pour remplir chacun d'eux, elle use des outils que lui distribue dame Nature. Ainsi le travail d'une ouvrière est-il conditionné par son activité glandulaire; l'organe fait la fonction, c'est bien connu.
La répartition des postes s'effectue avec ordre, selon un calendrier biologique rigoureux. En d'autres termes, chaque ouvrière est, a été ou sera en charge d'une fonction précise à laquelle son âge la prédestine. Le cursus normal d'une abeille lui permet ainsi de toucher à toutes sortes de métiers différents, qui sont pour elle autant de spécialisations.

Au terme de sa brève existence (moins d'une demi-année, dans le meilleur des cas), toute ouvrière
aura été...

Technicienne de surface

Employée des pompes funèbres

Nourrice des larves

Dame d'honneur de la reine

Ventileuse

Architecte et maçonne

Intendante

Chimiste (faiseuse de miel)

Gardienne

Éclaireuse

Butineuse de nectar et de miellat

Porteuse d'eau, de pollen et de propolis

La technicienne de surface
De sa naissance au sixième jour, la jeune abeille est consignée aux travaux domestiques, à commencer par l'entretien des rayons et le ménage des cellules. Le maintien en état de marche d'une ruche peuplée de 50 000 abeilles adultes et de 35 000 bébés (c'est la moyenne) exige beaucoup de rigueur. Aux ouvrières débutantes de veiller à la propreté des allées et des divers compartiments de la vaste maison. Calfeutrages et menues réparations leur incombent également, et elles s'en acquittent à grand renfort de propolis.

L’employée des pompes funèbres
Dans leur chasse aux déchets en tous genres, il revient aussi aux nettoyeuses de former une équipe sanitaire et d'évacuer les restes des larves de leurs défuntes sœurs ouvrières, ou de leurs frères assassinés quand a sonné l'heure du massacre des faux bourdons. Si le cadavre est intransportable (intrus trop gros, par exemple), les abeilles nécrophores se font embaumeuses et ensevelisseuses: elles recouvrent le corps de cire et de propolis.

La Nourrice des larves
Les jeunes abeilles commencent par s'occuper des larves «âgées» d'ouvrières et de mâles en leur distribuant une bouillie faite de miel et de pollen additionnés d'eau (le «pain des abeilles»). Le sixième jour de leur vie, les nourrices se mettent à sécréter une liqueur blanchâtre, de la consistance d'une crème épaisse: c'est la gelée royale. Pendant l'unique semaine où elles ont le secret de fabrication de cet élixir précieux entre tous, les nourrices en abreuvent les jeunes larves et toutes les larves royales. Dortoir des grandes et auberge de jeunesse, l'ample couvain réclame des soins constants qui occupent les nourrices à temps plein jusqu'à leur douzième jour, lequel marque la fin définitive de leur production de gelée royale. Une nouvelle génération prend aussitôt le relais.

La dame d'honneur de la reine
Incapable de s'alimenter par elle-même, la reine est, toute sa vie durant, nourrie par une quinzaine d'ouvrières de la garde rapprochée qui l'entoure en permanence. A intervalles réguliers (toutes les vingt minutes), la reine s'arrête de pondre pour avaler un repas rapide (trois minutes), avec pour plat unique de la gelée royale. A son service jour et nuit, les jeunes suivantes de la reine passent aussi leur temps à la lécher, ingurgitant ainsi des substances qui sont autant de messages royaux. Ces informations, qui intéressent toute la communauté, sont communiquées aux autres abeilles par un moyen plus sûr que le bouche-à-oreille: le bouche-à-bouche. La trophallaxie (échange réciproque de nourriture) assure une parfaite circulation de la communication dans la ruche.

La Ventileuse
Les abeilles sont frileuses et ne doivent pas souffrir du froid, mais une trop grande chaleur - outre qu'elles la supportent aussi mal - risquerait de provoquer une catastrophe: la fonte de la cire des rayons. D'où la nécessité d'une température constante, idéalement fixée à 35 °C. Armées de leurs muscles thoraciques et d'une inlassable énergie qui les fait battre des ailes à une vitesse vertigineuse, les ventileuses se chargent de la régulation thermique. De même, toujours à grands coups d'ailes, elles aident le miel à épaissir en évacuant l'humidité du nectar récolté. Et, comme il faut bien renouveler l'air d'un univers concentrationnaire où cohabitent près de 100 000 individus aux différents stades de leur existence, ces mêmes ventileuses assurent l'aération de la ruche (l'été, on peut les voir ventiler comme des folles sur la planche de vol, juste à l'entrée de la ruche).

L’Architecte et la maçonne
Après les glandes hypo pharyngiennes, qui produisent la gelée royale, ce sont les glandes cirières qui vont entrer en service, du douzième au vingtième jour: l'âge où l'ouvrière, promue artiste en bâtiment, va sculpter son cadre de vie, le rayon.
Les équipes d'abeilles cirières ont mis au point un procédé de fabrication aussi original que spectaculaire. Tout est prévu sur le chantier, à commencer par le ravitaillement; cette activité nécessitant une grande dépense d'énergie, il faut consommer dix fois en miel ce que l'on produit en cire (10 kilos de miel pour 1 kilo de cire). Est également requise l'assistance de ventileuses pour maintenir la cire à une température adéquate. Ces deux conditions étant réunies, la «chaîne cirière» peut se monter.

Une abeille se suspend au plafond (on commence l'ouvrage par le toit), une autre s'accroche à ses pattes de derrière qui pendent dans le vide, et ainsi de suite jusqu'à former une grappe vivante. Au bout d'à peu près vingt-quatre heures de ce périlleux exercice, les équilibristes commencent à laisser couler de la poche de leur veston - c'est là, sous leur ventre, que se trouvent les glandes cirières - de petites écailles de cire qui ne pèsent chacune que 0,8 mg. Il en faut donc plus de 1 million pour obtenir un seul kilo de cire, lequel exige le travail de près de 30 000 abeilles pendant une dizaine de jours...

Des ouvrières se précipitent pour attraper la cire avec leurs pattes avant qu'elle ne tombe. A peine récupéré, le précieux matériau est consciencieusement travaillé et poli. Les abeilles se passent les lamelles malaxées, qui voyagent ainsi jusqu'au bon endroit du rayon en cours de construction. Là, une maçonne étale la cire encore blanche (elle va jaunir au contact de la propolis, avant de brunir naturellement avec le temps) en la tapotant avec ses fortes mandibules. C'est ce qui s'appelle mâcher le travail pour les intendantes...

L’Intendante
Même si elle ne fait pas partie de la corporation la plus prestigieuse de la ruche, l'abeille chargée de l'intendance assure la gestion de tous les rayons, où s'alignent une multitude de cellules à vocations différentes: le couvain, les réserves de miel et de pollen. Outre son rôle de magasinière, c'est à elle qu'il revient de veiller à sceller en temps et en heure les alvéoles dont le contenu est à point (miel) ou à terme (larve en passe de devenir nymphe).
Corvéable à merci, l'ouvrière intendante fabrique deux sortes d'opercules: petits couvercles de cire qui laissent ou non passer l'air, selon qu'ils protègent le miel ou le couvain (qui, lui, a besoin de respirer).

La Chimiste (faiseuse de miel)
De retour au rucher, après avoir passé le contrôle des gardiennes, la butineuse exténuée confie son chargement à une abeille restée à la ruche. La passation s'effectue sous forme de bouche-à-bouche: la trophallaxie. La «donneuse» refoule le contenu de son jabot et dégorge en fines gouttelettes son nectar pour la «receveuse», qui l'avale et le fait transiter à plusieurs reprises entre sa trompe et son jabot. Puis la deuxième ouvrière le régurgite à son tour à une troisième, et ainsi de suite. La précieuse goutte, qui n'est déjà plus du nectar sans être encore du miel, a beau circuler très vite de langue en langue, le travail à la chaîne se poursuit pendant un bon quart d'heure en moyenne.
A chaque voyage dans un jabot, la matière première se transforme un peu plus sous l'effet de la salive, des sucs digestifs, de l'acide formique. Les sucres qui composaient le nectar subissent une modification (transformation du saccharose en glucose et lévulose), tandis que la chaleur de la ruche fait s'évaporer l'excès d'eau. Lorsque la teneur en eau est tombée à 50 %, la phase suivante commence: les abeilles déposent la goutte, maintenant épaisse comme du sirop, dans une cellule qu'elles remplissent au quart ou au tiers. Les ventileuses entrent en jeu pour éliminer le surplus d'eau de ce miel encore trop liquide. Battant frénétiquement des ailes, elles organisent des courants d'air au-dessus des alvéoles, favorisant l'évaporation.

La Gardienne
Contrairement à une idée reçue, les abeilles que l'on voit sur les fleurs ne piquent pas. Tout à leurs missions de repérage et de récolte, ces éclaireuses, ces butineuses ont d'autres chats à fouetter. Les seules qui passent à l'attaque sont les sentinelles qui montent la garde autour de la ruche.
Farouches protectrices de leur cité, les vierges guerrières en interdisent l'entrée aux rôdeurs, pillards et autres intrus attirés par le miel. Pour pénétrer dans le saint des saints, mieux vaut montrer patte blanche, c'est-à-dire porter l'odeur de la maison, qui est comme une marque de fabrique. Fidèles au poste sur le seuil de la ruche, les amazones assurent la défense et le maintien de l'ordre public au péril de leur vie. Malheureusement pour elles, ce ne sont pas les amateurs de miel qui manquent: guêpes, frelons, lézards, souris, mulots et jusqu'aux plus gros consommateurs, l'ours et l'homme.

La nature n'est pas mal faite, et l'abeille ne meurt pas forcément en piquant un autre insecte, car son dard ressort sans mal du corps de son adversaire. Ce qui la tue, c'est de laisser son aiguillon dans une chair qui le retient malgré elle... comme la peau humaine. Avec son dard, c'est une partie de ses viscères que la piqueuse abandonne, se sacrifiant du même coup. Opération kamikaze, diront les uns; accident, rectifieront ceux qui préfèrent parler des risques du métier. Laurent Tailhade (Le Troupeau d'Aristée, 1907) penche pour la thèse du suicide.

L’Éclaireuse
On appelle ainsi l'ouvrière qui part en quête d'une bonne fortune, c'est-à-dire d'un bon coin où butiner (voire où essaimer). Une abeille peut s'éloigner jusqu'à 5 kilomètres de sa ruche, mais, en général, elle explore et butine un périmètre de 3 kilomètres, avec des pointes de vitesse de l'ordre de 0,5 km à la minute (soit 30 km/h).
Si l'éclaireuse a vite fait de trouver son bonheur, il lui faut ensuite «éclairer» ses sœurs sur ce qu'elle a découvert, et où exactement. Pour la nature du butin, et grâce à la trophallaxie, pas de problème: elle rapporte un petit échantillon de nectar aux butineuses, et le bouche-à-bouche fonctionne à merveille. Reste à désigner l'emplacement du magot; pour ce faire, l'abeille a recours au mode de communication interindividuelle le plus élaboré du monde animal.

Il y a cinquante ans, Karl von Frisch (1886-1982) a décodé ce système, caractérisé par une série de figures et qu'il a qualifié de danse, et «traduit» ce langage mouvementé. Le premier, il a compris que la chorégraphie et la cadence du ballet des éclaireuses indiquent la direction et la distance de la source d'approvisionnement repérée. Au moyen d'une boussole intérieure doublée d'une horloge interne, l'éclaireuse sait adapter son pas de danse à la position changeante du soleil. L'abeille ne danse pas de joie d'être au soleil, comme des esprits bucoliques l'ont cru; elle fait à qui de droit un rapport en bonne et due forme. Les abeilles ont aussi des oreilles, comme l'ont découvert l'Allemand Volfgang Kirchner et l'Américain William Towne. Un mini-robot (de la taille de l'insecte) dansant et émettant des sons situés entre 250 et 300 Hz leur a permis de constater que la communication entre éclaireuses et butineuses ne passe pas seulement par la danse, mais aussi par l'ouïe. Ce qui explique que les abeilles puissent se «parler» dans la nuit de la ruche. Leurs «oreilles» (localisées dans l'organe de Johnston, à la base des antennes) viennent seconder leurs yeux. Preuve a contrario: l'abeille naine (Apis florea), la seule qui pratique une danse «muette» (elle se singularise également en dansant à l'horizontale et non à la verticale), niche en plein air: ne communiquant pas dans l'obscurité, elle n'a pas besoin de «parler».

La Butineuse
Foin de précautions oratoires: le butinage des fleurs est une activité du troisième âge. La jeune «fille de l'air» qui volette gracieusement de corolle en corolle est en réalité une vieille dame de la colonie. Si elle a pas mal d'heures de vol au figuré, elle ne les a pas au sens propre, pour la bonne raison que le droit de voler à l'air libre est une sorte de prime à l'ancienneté.
La «blonde avette», que l'imaginaire collectif prend pour une créature de l'azur et du soleil, passe en fait les deux tiers de sa brève existence cloîtrée dans les ténèbres de sa ruche. Ce n'est qu'à partir du vingt et unième jour après sa naissance (une majorité bien tardive pour qui ne vit que trente-cinq jours), quand elle ne peut plus construire de rayons parce que ses glandes cirières se sont taries, qu'elle se consacre à son nouvel emploi au service de la collectivité. Butiner sera son ultime mission; elle lui sacrifiera toute l'énergie de ses deux dernières semaines de vie et mourra à la tâche.

Ivre de parfums, d'air, de lumière et de liberté, la butineuse ne prend même pas le temps de respirer. Parmi le foisonnement des fleurs qui s'offrent à ses regards, elle choisit la plus rentable - celle qui offre le plus de nectar à pomper - et n'a de cesse de ramener au plus vite son butin dans sa cité à ciel couvert. C'est là, dans la nuit qui y règne, que se déroulent les danses des éclaireuses qui l'invitent au voyage.

A peine là butineuse a-t-elle suivi ce ballet avec ses antennes qu'elle regagne la planche de vol (le rebord placé à l'entrée de la ruche) qui sert de terrain de décollage et d'atterrissage. Des nuées de butineuses s'élancent à l'air libre, droit au but, à plus de 200 battements d'ailes à la seconde.

La Porteuse
La récolte des butineuses ne serait pas complète sans le pollen, cette poudre - le plus souvent jaune ou orangée - dont regorgent les étamines des fleurs. Une fois associé au miel, sa richesse en protéines fera l'affaire de tous, à commencer par le couvain. En se jetant dans le cœur de la fleur pour y boire le nectar, la butineuse fait coup double, car elle bouscule les étamines et se couvre le corps de minuscules parcelles de pollen.
Plantant là sa fleur fournisseuse, elle s'envole en se nettoyant avec le balai-brosse à neuf rangées de poils qu'elle porte sur chacune de ses pattes postérieures. Pour que le pollen ne tombe pas en vol, la butineuse l'humidifie d'un peu de nectar et en fait une petite boule. Ainsi, elle pétrit des pelotes de pollen qu'elle range dans des corbeilles prévues à cet effet sur ses pattes arrière.


Raymond Dumons ;  avec l'aimable participation de Monsieur Marcel Bégué apiculteur à Dieupentale

Dernière modification par Dumons Raymond (28-10-2012 00:34:05)

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#2 18-01-2012 17:08:26

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Re: le mystérieux monde des abeilles

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Il arrive parfois que nos amies les abeilles ont de curieuses façons de choisir un véhicule de transport.

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