#1 04-04-2008 16:22:53

Dumons Raymond
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René Molinier Père et Roger Molinier fils

Autre gloire ayant séjourné dans notre localité.

René Molinier issu d’une famille de souche Tarnaise
http://www.dieupentale.com/forum/uploads/thumbs/6_rene_molinier.jpgné à Paris le 1er
juin 1899 et décédé le 20 juin 1975
- Instituteur dans le Tarn  en 1921
- Professeur de l’Ecole Primaire Supérieure Professionnelle de Rodez de 1922 à 1926
- En 1928 au lycée Thiers de Marseille jusqu’en 1948
- Nommé professeur agrégé au lycée de Poitiers en 1927
- Auparavant, il était allé soutenir à la Sorbonne une thèse de doctorat d’Etat sur les regroupements
végétaux de la Provence occidentale. Elle n’était pour lui qu’une étape
- Agrégé et Docteur sans avoir été bachelier, les portes de l’enseignement supérieur lui étaient
ouvertes
- Chargé de cours à la Faculté des Sciences de Marseille en 1946/1947
- Maître de conférence en 1948
- Professeur sans chaire en 1951
- Professeur titulaire en 1958
                       
           Son œuvre scientifique est considérable.

- 141 publications sur la végétation du sud-est méditerranéen Français
- Cartographie botanique exprimant, de manière précise, l’état du couver végétal
- Il a été délégué de l’Académie des Sciences à l’assemblée Générale de l’Union Internationale des
Sciences Biologiques à Nice en 1953 et rapporteur des questions de cartographie au VII° Congrès
International de Botanique à Paris en 1954
- Il a assumé la Direction du Muséum d’Histoires Naturelles de Marseille de 1951 à 1972 ainsi que du
jardin zoologique de la ville de Marseille de 1957 à 1960
- Il a été Directeur du Centre Pédagogique Régional de l’Académie d’Aix de 1959 à 1963
- Officier de la Légion d’Honneur
- Commandeur des Palmes Académiques
- Chevalier du Mérite Agricole et médaille d’argent de la Société Protectrice de la Nature Tel à été ce
Grand Homme qui nous a fait l’honneur d’être permis-nous durant les derniers jours de son
existence avec qui je n’ai eu que très peu de relations mais qui m’a laissé admiratif pour sa
simplicité, sa gentillesse, son aptitude au contact humain avec toutes les couches sociales de la
société et son admirable modestie.
               
              Il a été le Père d’un de mes grands amis, son fils Roger, résident à Dieupentale lui       
         aussi  professeur  de biologie avec qui j’ai eu des rapports d’une très grande cordialité.

                                                                                                Raymond Dumons
                                                                                           
                                               _________________________________________


Roger Molinier, fils du Professeur René Molinier
Il  fut un de nos plus illustres enfants Dieupentalais
http://www.dieupentale.com/forum/uploads/thumbs/6_roger_molinier.jpg
Né à Dieupentale le 16 avril 1927et décédé à Marseille le 1er avril 1991 des suites d’une cruelle
maladie.
Père de deux enfants : Michel né en 1955 et Philippe né en 1959, malheureusement disparu
accidentellement à l’âge de dix neuf ans, les obsèques ont eu lieu à Dieupentale, tout le monde se
souvient de ce triste événement qui plongea la population dans la douleur et la tristesse ; toute la
famille Molinier était respectée et possédait la plus grande estime de tous les Dieupentalais.
La plus grande rue de Dieupentale porte le nom de son grand-oncle, le Général Larroque.
Dans notre modeste village du Midi-Pyrénées sur les rives de la Garonne, tout jeune, Roger Molinier
a découvert la nature, elle est devenue pour lui une véritable passion.
Biologiste, il a consacré toute sa vie à l’étude de la flore et de la faune en se spécialisant
particulièrement à la contrée Méditerranéenne, suivant en cela le prestigieux exemple de son
regretté Père.
D’abord professeur de biologie végétale à la faculté de Saint Charles puis, celle de Luminy de 1962 à
1967.
C’est avec passion, avec fougue, avec opiniâtreté qu’il a prodigué ses enseignements à la faculté des
sciences de Marseille et à l’Institut d’Aménagement Régional.
Ces œuvres sont immenses et grandioses, de nombreuses publications faisant notoriété dans le
monde scientifique.
- La Matière Vivante : sa nature, ses origines, son extension possible dans le cosmos        (
conférence du 18 mars 1966 sous l’égide de la Société des Sciences Naturelles et d’archéologie de
Toulon et du Var { extrait des annales de la SSNATV}
- L’homme et la nature, Harmonie et conflit ? ( conférence du 7 mai 1970 à Toulon sous l’égide de la
Société d’Histoire Naturelle et d’Archéologie de Toulon et du Var.
- Cartographie Ecologique au service de l’Aménagement du Territoire (bulletin du Muséum d’Histoire
Naturelle de Marseille [Tome XXXI de 1971 par René et Roger Molinier  Père et Fils.
- La Forêt Méditerranéenne en Provence ( bulletin de muséum d’Histoire Naturelle de Marseille (
Tome XXX I de 1971 par René et Roger Molinier Père et Fils).
Il a créé, sur demande du Préfet de région Laporte et sous l’égide de la chambre de Commerce de
Marseille, le Comité de sauvegarde et de Rénovation des Forêts et des Espaces Naturels.
Expert auprès du Haut Comité de l’Environnement, il a présidé :
a) Le Comité Ministériel de la recherche dans les espaces protégés
b) Les Comités Scientifiques du Parc National de Port-Cros.
c) Le comité des réserves naturelles de Corse.             
Il a lancé et animé le Parc Régional de la Corse et défendu l’île lors du procès de Livourne contre les
rejets chimiques en mer.
Il avait mené une première croisade Européenne pour la Défense de la Nature : C’était contre le
déversement de boues rouges en mer, par la société Montédison en 1973.

Roger Molinier assurait pas moins de huit présidences de comités scientifiques ou techniques.
Il était Expert, Administrateur au Conseil Scientifique de onze organismes de niveau Régional
National ou International.

Il a travaillé dans le domaine marin au service de la fondation GIS Posidonie
D’une intelligence remarquable, très grand savant mais aussi, chose rare, un humaniste pétri de
bonté et de simplicité.
Sa fidélité à l’armée lui a valu le grade de Colonel, grade assez exceptionnel pour un officier de
réserve.

Chevalier de l’ordre National du Mérite en 1970 .

Chevalier de l’ordre National de la Légion d’honneur.

L'Ecologie à la croisée des chemins fut sa  dernière  publication; il a pu en lire les épreuves
quelques jours avant  sa disparition; Selon son épouse, savoirr que ce document allait être publié
avait été la dernière illumination de sa vie.

Roger Molinier était un homme exceptionnel, un très grand savant de réputation mondiale, sa bonté, sa richesse deconnaissances, sa simplicité  et son amabilité le faisait apprécié de tous;  il  était  humble,accueillant, sympathique et  toujours de bonne humeur

  Il restera au plus profond de nos cœurs l’image d’un Saint Homme qui honore notre cité..


                                                                            Raymond Dumons

Dernière modification par Dumons Raymond (22-02-2009 21:36:44)

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#2 20-03-2013 17:06:18

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Re: René Molinier Père et Roger Molinier fils

Envoyé par: Charles-François BOUDOURESQUE (ancien élève de Roger Molinier)

Le professeur Roger Molinier, ancien président du Conseil scientifique du Parc national de Port-Cros

Charles-François BOUDOURESQUE 1et Jannick OLIVIER2

1 Aix-Marseille Université, Mediterranean Institute of Oceanography (MIO), CNRS/INSU, IRD, UM
110, Parc scientifique et technologique de Luminy, 13288 Marseille cedex 9, France

2 Ajaccio, Corse, France, ex-Attachée scientifique du Parc national de Port-Cros (1976 à 1998)

Contact :charles.boudouresque@univ-amu.fr

L’un de nous (Charles-François Boudouresque) a rencontré pour la première fois Roger Molinier en automne 1960. ‘Rencontré’ est un abus de langage : récent détenteur du baccalauréat, il se sentait un peu perdu et intimidé, parmi 600 autres étudiants, dans l’immense ‘Grand Amphithéâtre’ de la Faculté des Sciences, à Marseille. C’était le premier cours. Un homme en blouse blanche est entré par le haut de l’amphithéâtre, a descendu d’un pas rapide les marches de l’allée centrale et a commencé son cours par des mots d’encouragement et d’espoir ; pour résumer, il nous disait que nous avions un avenir, un rôle important, et qu’une place dans la société nous attendait si nous savions la vouloir. C’était Roger Molinier. Puis il commença son cours de biologie végétale, un titre qui peut paraître désuet aujourd’hui. Mais il parlait avec tant d’enthousiasme, de conviction, de clarté, qu’il transportait ‘l’amphi’ aux frontières de la Science. Il fut l’un des meilleurs pédagogues de la Faculté des Sciences de Saint-Charles, puis de celle de Luminy. Et cela jusqu’au dernier jour ; c’était un matin de janvier 1988, dans l’amphi N° 5 de Luminy ; les étudiants étaient émus jusqu’aux larmes ; peu d’enseignants, pour leur départ à la retraite, ont eu droit à un adieu aussi affectueux de la part de leurs étudiants (Boudouresque, 1992).

Pour l’autre co-auteur de cet article (Jannick Olivier), qui fut également son élève, Roger Molinier n’était pas un professeur hautain, drapé dans sa superbe et qu’on n’osait approcher. Il arrivait à la faculté au volant de sa voiture, le siège arrière recouvert d’un large plaid sur lequel trônait Volga, son cocker. Il saluait le gardien, se garait puis montait dans son bureau enfiler sa blouse blanche. C’est ainsi qu’il se présentait dans l’amphi. Les étudiants l’appréciaient beaucoup, tant pour son savoir et les idées nouvelles qu’il lançait, que pour son franc parler et son côté humain. Nul chahut dans son amphi, sinon une envie de prolonger l’heure d’enseignement pour pouvoir parler avec lui, le mieux connaitre. Cette chance se présenta à moi en avril 1972. Au sortir d’un de ses cours, je terminais alors ma maitrise, j’eus l’audace de l’accoster pour lui demander un rendez-vous qu’il m’accorda aussitôt. Dans son bureau, Roger Molinier démarra l’entretien en me parlant des plantations du mois d’avril, ce mois qu’il aimait tant - me confia t’il - car symbole du renouveau et mois de sa naissance. Désarçonnée par cette entrée en matière, j’eus quelque difficulté à amorcer le sujet principal : le choix de mon orientation en troisième cycle. Il écouta mes propos, entendit mon refus d’aller vers la recherche fondamentale et ma préférence pour une voie nouvelle évoquée par lui en cours, celle de l’aménagement du territoire. Comme son visage restait imperturbable, j’ajoutais que certains assistants m’avaient déconseillé cette voie, la jugeant trop utopiste. C’est alors qu’il se leva, et après avoir lancé un ‘ne rien risquer dans la vie est un risque encore plus grand’, il me conta les railleries qu’il avait dû essuyer de la part de ses confrères, lors de son propre choix de carrière. Son ton était si sincère et si convaincant, qu’au sortir de cet entretien, ma décision de présenter le concours d’entrée à l’Institut d’Aménagement Régional (IAR) d’Aix-en Provence était prise. A la rentrée universitaire suivante, j’intégrai ainsi une promotion de 25 élèves où, seule biologiste, j’appris à travailler avec des architectes, des économistes, des géographes, des psychologues. Ce travail en équipe, ainsi que la pluridisciplinarité à laquelle je fus confrontée, allaient se révéler de précieux atouts pour l’avenir. A l’issue de ce troisième cycle, Roger Molinier me présenta le Directeur du Parc national de Port-Cros, René Ravetta. Celui-ci éprouvait de sérieuses difficultés pour obtenir, de la part de certains scientifiques de disciplines diverses, les résultats d’une étude écologique sur la rade d’Hyères qu’il leur avait commanditée. Il me confia ce travail de récupération de données. Quand je l’eus achevé, il me proposa d’en réaliser la synthèse. L’année suivante, il m’annonça, la création au sein du Parc national de Port-Cros, d’un poste d’Attaché scientifique qu’il me proposa. C’était en 1976. Ce poste me permit de retrouver Roger Molinier, mais cette fois-ci non plus en qualité professeur mais comme Président du Comité Scientifique du Parc national. Nous étions appelés à travailler ensemble désormais. Ce fut pour moi un réel plaisir car il ne me prêta pas sa confiance, il me la donna. Je pouvais le déranger à n’importe quel moment de la journée, il était toujours disponible. Parfois, quand le temps lui manquait, il m’invitait à déjeuner avec lui et son épouse Jeanine, dans la cuisine de son appartement marseillais du boulevard Perrier. Au dessert, il relisait les comptes-rendus des séances du Comité Scientifique que j’avais rédigés, puis, nous préparions ensemble les ordres du jour des prochaines réunions et analysions les problèmes scientifiques posés. Il nous quitta un mois d’avril, ce mois qu’il aimait tant ! La peine de l’avoir perdu ne pourra faire oublier le bonheur de l’avoir connu.

Roger Molinier est né le 16 avril 1927 à Dieupentale, dans le département du Tarn et Garonne (Dumons, 2009). Faisant fi du cloisonnement traditionnel entre botanistes et zoologistes, entre spécialistes du milieu terrestre et spécialistes du milieu marin, dans le cadre de sa thèse de Doctorat, soutenue en 1958 à Paris, il a étudié à la fois la partie terrestre et la partie marine du Cap Corse, à la fois la flore et la faune (Molinier, 1960) (Fig. 1). Le premier, il a transposé au milieu marin les méthodes des phytosociologues terrestres, qu’il avait côtoyés avec son père, le professeur René Molinier. Il a fait partie de cette génération de pionniers qui ont commencé à utiliser le scaphandre autonome à des fins scientifiques (Boudouresque, 1992). Enfin, avec Jacques Picard, il a décrit le rôle fondamental de l’herbier à Posidonia oceanica en Méditerranée, et en particulier le mécanisme d’édification des mattes ; c’est dans la baie de Port-Cros qu’ils ont découvert et décrit une structure étonnante, qu’ils ont nommée ‘récif-barrière de posidonie’ et qu’ils ont élucidé son origine et sa dynamique (Molinier et Picard, 1952). C’était un travail fondateur, qui reste encore aujourd’hui à la base de tout le corpus scientifique concernant la posidonie, sur laquelle travaillent des dizaines de laboratoires (Boudouresque et al., 2012).

En 1966, Roger Molinier rencontre le Préfet de la Région Provence Alpes-Côte d’Azur, Jean Laporte. Entre eux, ‘le courant passe’. Et c’est le début d’une seconde carrière. Le grand universitaire va mettre ses connaissances en écologie au service de la sauvegarde des milieux naturels, au service de la protection du couvert végétal contre les incendies de forêt, au service de l’aménagement du territoire. Tout cela parait naturel aujourd’hui, mais il n’en était pas ainsi en ces temps aujourd’hui lointains. Entre l’université (et la recherche fondamentale) d’un côté, l’administration de l’autre, il n’y avait qu’indifférence et incompréhension. Vu du côté de l’administration et des gestionnaires, une certaine condescendance pour l’universitaire qui osait ‘se mêler de ce qui ne le regardait pas’ ; vu du côté universitaire, un certain mépris pour celui qui se compromettait avec un monde qui n’était pas le sien, qui s’écartait en partie de la recherche fondamentale (Boudouresque, 1992). Roger MOLINIER en a été affecté, et il s’en est souvent ouvert auprès de nous. Mais il n’a pas dévié du sillon qu’il traçait. Il était au contraire très sensible au fait que l’Ordre national du Mérite (1970), puis la Légion d’honneur (1983) lui aient été décernés au titre du Ministère de l’Environnement, le ‘ministère de l’impossible’, ainsi que l’a nommé Robert Poujade, premier titulaire de ce ministère (Poujade, 1975 ; Molinier, 1991).

http://www.dieupentale.com/forum/uploads/6_molinier.jpg

Fig. 1. Roger Molinier (à droite), à bord du Gyf, bateau océanographique de la Station Marine d’Endoume (SME) de l’Université d’Aix-Marseille, lors des recherches liées à la préparation de sa thèse de doctorat, en août 1956, à Centuri (Capicorsu, Corse). Le plongeur que Roger Molinier aide à monter à bord est Jean Vacelet, futur spécialiste mondialement reconnu des éponges. A gauche, tenant le câble, Yves-Victor Gautier, spécialiste des bryozoaires. Deuxième à partir de la gauche (et pensive), Suzanne Pastre, future professeur de sciences naturelles des lycées et collèges. Quatrième à partir le la gauche et tenant la bouteille de Jean Vacelet, Suzanne Costa, future chercheur CNRS. Photo Jean Vacelet.

L’engagement de Roger MOLINIER dans le domaine que l’on nomme aujourd’hui la conservation de la nature l’a conduit à assurer la présidence du Comité scientifique (CS) du Parc national de Port-Cros (PNPC), de 1970 à 1986. Nous y reviendrons plus loin. Il a également présidé le Comité de Sauvegarde des Forêts et des Espaces naturels (à partir de 1968) et le Comité de la Recherche dans les Espaces protégés, organe du Ministère de l’Environnement (à partir de 1984). Il a été membre du Comité technique de l’accord franco-italo-monégasque connu sous le nom d’‘Accord RAMOGE’ (à partir de 1982) et du Conseil Economique et Social de la Corse (de 1973 à 1982) (Boudouresque, 1992). En Corse, il a joué un rôle moteur dans la création du Parc naturel Régional de la Corse (PNRC, Parcu di Corsica), création dans laquelle il s’est très fortement investi ; il a présidé (à partir de 1979) le Conseil scientifique de la Réserve naturelle de Scandola, l’un des joyaux du PNRC.

Président du CS du PNPC de 1970 à 1986, Roger Molinier a collaboré avec plusieurs directeurs : Louis Chautrand, directeur par intérim (1970-1973), René Ravetta (1973-1979), puis André Manche. Il a collaboré également avec plusieurs présidents du Conseil d’administration : Christian Delaballe (de 1970 à 1980), Charles-Henry Suder (de 1980 à 1983 et Paul Guimard (de 1983 à 1986). Cette période correspond à la ‘montée en puissance’ du PNPC, après presque 10 ans de flou administratif. Avec René Ravetta, le PNPC disposait enfin d’un directeur à temps plein ; jusqu’alors, c’était le directeur départemental des Eaux et Forêts qui faisait fonction de directeur. Depuis 1972, le PNPC disposait enfin de locaux qui lui étaient propres, avenue Gambetta, à Hyères. Des recrutements vont étoffer l’équipe du Parc qui pourra mieux jouer son rôle et insérer l’Etablissement public dans le tissu social et administratif régional.

Roger Molinier a été un précurseur par son engagement dans la protection de l’environnement. C’était à l’époque inhabituel, de la part d’un universitaire. Cela lui a souvent valu condescendance ou mépris de la part de certains de ses pairs. Roger MOLINIER a également été un précurseur par sa vision de l’Homme comme partie intégrante de la nature, par son refus d’opposer protection de la nature et Homme, en d’autres termes par son humanisme. D’une certaine façon, il anticipait la notion de développement durable qui sera popularisée vingt ans plus tard, lors du Sommet de Rio de 1992 qu’il ne connaitra pas, puisqu’il décédera prématurément, le 1er avril 1991, des suites d’un cancer. Enfin, Roger Molinier a toujours privilégié le débat, la conviction, par rapport à la confrontation. Adepte convaincu du compromis, il aimait à citer le Mahatma Gandhi qui, quelques jours avant d’être assassiné, écrivait : ‘Tout au long de ma vie, je n’ai jamais cessé de mesurer mieux, jour après jour, la valeur du compromis’. Il écrivait lui-même qu’il fallait éviter de confondre ‘deux termes si proches dans leur consonance, si lointains dans leur résonance, le premier imprégné de noblesse, le second maculé d’opprobe : compromis et compromission’ (Molinier, 1991). En conclusion d’une publication qui peut être considérée comme son testament intellectuel, et dont il corrigea les épreuves sur son lit d’hôpital, Roger Molinier écrit que ‘les lois qui régissent les équilibres au sein des milieux naturels reposent sur des compromis permanents : compromis entre mangeurs et mangés, entre prédateurs et proies, compromis dans la conquête et le partage des territoires, dans la régulation et la répartition des populations. Transposés sur le plan social, économique ou politique, tous ces termes s’appliquent aux hommes, chacun d’eux devant s’insérer à sa place, dans le respect de la vie et de la liberté des autres, avec le souci constant de sauvegarder les équilibres naturels qui conditionnent la survie d’un environnement de qualité’ (Molinier, 1991).
Engagement en faveur de la protection de la nature, prise en compte de l’Homme bien avant que la notion de développement durable ne soit popularisée, recherche du compromis, c’est ce qui va caractériser l’arrivée de Roger Molinier à la présidence du CS du PNPC et constituer le fil rouge de son action. Par sa capacité d’écoute, son profond respect des opinions de chacun et sa disponibilité, il a initié la longue tradition de collaboration étroite, amicale et constructive entre CS, Service scientifique, direction du Parc national et Conseil d’Administration, tradition non démentie depuis et qui constitue l’un des points forts du PNPC (Boudouresque et al., 2013).

Nous avons tous les deux connu Roger MOLINIER sur les bancs de l’université. Avec des parcours très différents, l’un universitaire (Charles-François Boudouresque), l’autre plus administratif (Jannick Olivier), mais dans les deux cas liés à la protection de l’environnement, nous sommes pleinement conscients de ce que les sciences de la conservation d’une part, le Parc national de Port-Cros d’autre part, doivent à ce grand homme. Est-il nécessaire d’ajouter que nous sommes fiers d’avoir été ses élèves, puis ses collaborateurs ?

Références

BOUDOURESQUE C.F., 1992. Aux origines de l'écologie, avec René puis Roger Molinier. Marseille. La Revue culturelle de la Ville, 163 : 26-27.

BOUDOURESQUE C.F., BARCELO A., HARMELIN J.G., MARTIN G., MAURER C., MÉDAIL F., VIVIANI R.A., 2013. Le Conseil scientifique d’un parc national, le Parc national de Port-Cros : 50 ans de culture de la conservation. Sci. Rep. Port-Cros natl. Park, 27 : ce volume.

BOUDOURESQUE C.F., BERNARD G., BONHOMME P., CHARBONNEL E., DIVIACCO G., MEINESZ A., PERGENT G., PERGENT-MARTINI C., RUITTON S., TUNESI L., 2012. Protection and conservation of Posidoniaoceanicameadows. RAMOGE, RAC/SPA et Gis Posidonie publ., Marseille : 1-202.


DUMONS R., 2009. Personnalités dieupendalaises. René Molinier père et Roger Molinier fils. http://www.dieupentale.com/forum/viewtopic.php?id=317. Consulté le 26 février 2013.

MOLINIER R., 1960. Etude des biocénoses marines du Cap-Corse. Vegetatio, 9 : 121-312.

MOLINIER R., 1991. L’écologie à la croisée des chemins. Institut océanographique Paul Ricard publ., Marseille : 1-32.

MOLINIER R., PICARD J., 1952. Recherches sur les herbiers de Phanérogames marines du littoral méditerranéen français. Ann. Inst. océanogr., 27 (3) : 157-234.

POUJADE R., 1975. Le Ministère de l’impossible. Calmann-Levy publ., Paris : 1-278.

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#3 20-03-2013 21:39:45

Dumons Raymond
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Messages: 572

Re: René Molinier Père et Roger Molinier fils

Voilà qui en dit plus et combien enrichissant pour l'hommage rendu  à notre ami.
Merci hubert pour ce complément d'information.  RD

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